Quelle conquête spatiale ?

Michael Huang, hier, dans The Space Review, a établi une typologie stimulante des groupes d’intérêts agissant dans le secteur spatial civil.

Espace

Non sans pédagogie, l’auteur de cet article a donné, à chacune de ces tendances, le nom d’une personnalité marquante. Comme elles sont, peut-être, mal connues du lecteur, nous développerons son propos. Il y a donc, selon lui :

  1. la tendance Carl Sagan qui est celle de l’exploration robotique sur des fonds étatiques. Le modèle est celui des missions Mariner, par exemple.
  2. les aficionados de Wernher von Braun qui souhaitent que l’Etat agisse en faveur de voyages habités. Il s’agit là de continuer la marche dont le premier pas a été fait sur la Lune en 1969.
  3. les disciples de Gerard O’Neill, dont les idées de colonisation spatiale privée avaient été vigoureusement défendues par la L5 Society puis, aujourd’hui, par le National Space Institute.
Bien sûr, ces tendances ne sont nullement exclusives. Carl Sagan ne voyait dans les missions non habitées qu’une étape nécessaire de la colonisation humaine, ce que Wernher von Braun admettait volontiers. La seule incompatibilité qu’il pourrait y avoir est dans la participation des libertariens les plus intransigeants à des projets impliquant des fonds étatiques.

Néanmoins, il y a une série de points sur lesquels tous, sans exception, seront d’accord :

  • la science ne doit pas être bridée comme outil de la conquête de l’espace,
  • l’espace doit être colonisé par les hommes,
  • les hommes doivent pouvoir exercer sans contraintes, dans l’espace comme ici, la liberté économique, celle de rechercher le profit et la possibilité de jouir de la propriété privée.
Loin de s’opposer, ces trois points se rejoignent pour une plus grande efficacité. Il s’agit d’un jeu à somme non nulle où la concurrence débouche sur une plus grande efficacité de tous.

Source : The Space Review.

15 commentaires à “Quelle conquête spatiale ?”


  1. 1 T.

    “les hommes doivent pouvoir exercer sans contraintes, dans l’espace comme ici, la liberté économique, celle de rechercher le profit et la possibilité de jouir de la propriété privée.”

    Bien, bien, bien… le fait que des “espaces” soient considérés comme leur propriété privée par certains réjouira les tenants de l’anarcapisme. Ce qui rejoint les suppositions de nombres auteurs. Les Etats terrestres tenteront-ils de s’approprier ces espaces comme ils s’approprient les espaces virtuels ou les longueurs d’onde ? Ou bien seront-ils régis par des entités privées ? Quelles seront les relations entre lesdites entités ? Et quelle sera la place des hommes, dans tout ça ?

  2. 2 Geheme

    La colinisation/exploration de l’espace ne pourra être envisagée que d’un point de vue internationnal (impliquant la coopération de chaque état) tant les enjeux écomiques sont énormes. Il est totalement farfelu d’imaginer une société privée ou un pays s’appropriant les ressources de Titan ou de la Lune sans autorisation des gouvernements. La question est d’ailleurs débattue à propos de l’extraction d’He-3 sur la Lune par une société russe.

  3. 3 niko

    Premièrement, la frontière entre État entreprise est de plus en plus mince. Il n’y a qu’à voir Bush avec ces entreprises dans l’armement et les rapport qu’il peut exister en France entre notre Président (j’ai toujours du mal à le dire) et les gros groupes industriels et militaires.
    Deuxièmement, on voit bien que c’est les entreprises qui contrôlent la gestion des ressources sur notre planète (pêtrole, gaz, minerais, métaux, et même l’eau en partie) et donc à mon avis ce sera la même chose pour la Lune et les autres astres.

  4. 4 ErwanB

    Deuxièmement, on voit bien que c’est les entreprises qui contrôlent la gestion des ressources sur notre planète

    C’est parfaitement faux, dans le cas du petrole par exemple, la plus grosse compagnie du monde est Saudi Aramco, detenu par l’etat d’Arabie Saoudite a 100%.
    La gestion du cours du petrole est organisé par l’Opec, l’Organisation des pays exportateur de petrole (accessoirement, un club de dictateurs).
    Les entreprises nationales, ou possédé en partie par des etats sont souvent, si ce n’est pas toujours, predominantes sur un marché particulier.
    L’avantage d’une multinationale est avant toutes choses de pouvoir investir la ou un etat n’a pas forcemment les moyens Financiers ou Technologique.
    a partir de la, on peu supposer que ces entreprises joueront certainement un role dans la conquete de l’espace, un gouvernement pouvant difficilement justifier a ses electeurs la necessité d’investir dans le developpement d’infrastructure d’extraction de ressources diverses sur la Lune ou Mars…

  5. 5 T.

    “La colinisation/exploration de l’espace ne pourra être envisagée que d’un point de vue internationnal (impliquant la coopération de chaque état) tant les enjeux écomiques sont énormes. Il est totalement farfelu d’imaginer une société privée ou un pays s’appropriant les ressources de Titan ou de la Lune sans autorisation des gouvernements.”

    Voilà une affirmation bien péremptoire…

    En quoi l’énormité des enjeux économiques devrait-elle dissuader les privés (y compris les sociétés privées soutenues par des Etats) de se lancer dans la conquête ou l’exploitation de l’espace ? Cela paraît parfaitement contradictoire, et la position inverse serait bien plus logique. En quoi justifierait-elle l’intervention des Etats ? En quoi cette intervention serait-elle légitime ? Après tout, l’un des éléments constitutifs de l’Etat est le territoire. Comment un Etat ou un groupe d’Etat pourrait-il s’arroger le droit de légiférer sur des territoires qui ne lui appartiennent pas ? Comment, à supposer qu’il légifère, pourrait-il faire respecter cette législation ?

  6. 6 Geheme

    Mon affirmation péremptoire est une citation de mémoire de l’Article 2 de l’Accord régissant les activités des États sur la Lune et les autres corps célestes rédigées par UNOOSA.

  7. 7 ErwanB

    oui, donc c’est du flan.

  8. 8 niko

    Ils ont bien réussi à s’entendre sur le partage du groenland. Alors que ça n’appartenait à personne. Donc pourquoi pas la Lune ?
    Mais pour moi ça ne change rien pour les entreprises qui voudront exlpoiter les ressources. Comme on le voit aussi d’ailleur pour le groënland.

    De plus avant que l’extraction des ressources sur la Lune devienne rentable, y va couler pas mal d’eau sous les ponts.
    Moi j’dis c’est pas dit qu’on soit encore là pour le voir, est-ce qu’il restera encore des humains sur la planête…c’est pas sûr non plus.

  9. 9 pan

    Euh…

    Il me semble que le Groenland appartient au Danemark.

  10. 10 T.

    Il me semble que le Groenland appartient au Danemark.

    Et pas depuis hier, par dessus le marché…

  11. 11 niko

    Oui autant pour moi :?. Mais c’est vrai pour l’antarctique qu’ils ont partagés entre huit pays. donc pourquoi ne feraient-ils pas pareil avec une autre planète qui n’appartient à personne ?

    “C’est parfaitement faux, dans le cas du petrole par exemple, la plus grosse compagnie du monde est Saudi Aramco, detenu par l’etat d’Arabie Saoudite a 100%.”
    Encore une fois tu utilises un exemple qui ne fait pas lieu de règle.
    Je le répète la quasi-totalité des ressources naturelles sont exploitées par les multinationales et c’est elles qui en retire la plus grande partie des bénéfices. C’est vrai pour toutes les matières premières et aliments de bases.

  12. 12 gillot philippe

    bonjour on ma dit que long devait voire mars et la lune mais quant merci a vous

  13. 13 Schizodoxe

    Je ne suis pas certain de saisir la question…

  14. 14 Schizodoxe

    Ach…

    Je crois que je viens de comprendre !

    Vous aurez tous les renseignements ici : Le hoax martien du mois d’août.

    Toujours heureux d’aider ;)

  15. 15 ErwanB

    Je le répète la quasi-totalité des ressources naturelles sont exploitées par les multinationales et c’est elles qui en retire la plus grande partie des bénéfices. C’est vrai pour toutes les matières premières et aliments de bases.

    repetez ce genre d’affirmation comme un mantra ne les rends pas plus vrais.
    donc non, les multinationales ne possedent pas toutes les ressources naturelles, comme tu veux l’affirmer. Dans les cas ou les multinationales exploitent (ce qui signifie dans le cas des hydrocarbures extraire, filtrer et traiter le brut pour obtenir un produit finit) celle ci ne le font que sous mandat du gouvernement local, ce qui permet a celui ci de recolter diverses taxes et revenus associés a la vente d’une licence, tout en lui evitant les couts et risques d’investissement. le gouvernement local a toujours la possibilité de revoquer cette licence, comme dans le cas du Venezuela ou de la Bolivie par exemple.
    Ensuite, oui, les multinationales beneficie d’excellents expert, d’une connaissance de divers terrain et d’une tres bonnne gestion des couts comparé a une entreprise publique qui ne serait pas bien géré, comme c’est souvent le cas dans les pays petroliferes. Il est donc logique que celle ci degage d’enorme profit, cela dit, ça ne signifie JAMAIS que ces multinationales controlent la gestion des ressources de la planete comme tu l’affirmais dans ton premier commentaire, avant de changer ta chanson.

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