Catholicisme et évolutionnisme

Je ne le savais pas, mais Daniel Cohn Bendit s’est essayé à la science-fiction. A la science-fiction politique, bien sûr :

L’”obscurantisme” accablait l’Europe du début du 21è siècle qui se déchirait sur la référence ou non des valeurs chrétiennes et l’offensive du défunt Pape Benoît 16 pour qui la loi divine prévalait sur les lois temporelles. Des pays comme la Pologne évincèrent Darwin pour le créationniste, d’autres bloquèrent les avancées biotechnologiques

Je trouve ce texte plus amusant qu’autre chose, mais une récente déclaration publique du pape lui donne un caractère encore plus rigolo.

Benoît XVI

En effet, à Lorenzago di Cadore, face à 400 prêtres, le pape Benoît XVI a dit toute son inquiétude face aux débats pseudo-scientifiques qui agitent le monde chrétien (protestant surtout), notamment aux Etats-Unis, mais aussi en Allemagne, sa patrie. Il s’agit, bien sûr, du créationnisme. Selon lui, c’est une grave erreur que de présenter la foi en Dieu et la raison qui reconnaît la validité du darwinisme comme incompatibles :

Cette opposition, dit le pape, est une absurdité parce qu’il y a beaucoup de témoignages en faveur de l’évolution qui apparaît donc comme une réalité qu’il faut regarder et qui enrichit notre compréhension de la vie et de l’existence.
Mais la doctrine de l’évolution ne répond pas à toutes les questions, et elle ne répond pas à la plus grande des questions philosophique : pourquoi quelque chose plutôt que rien ?

(NB : sachant la connaissance qu’a Benoiît XVI de la philosophie de Martin Heidegger (et de Leibniz), je traduis la dernière phrase (celle qui est en italique) d’une façon très peu littérale — en fait, il me faudrait voir l’original italien, si quelqu’un…)

Comme je l’écrivais ailleurs, on voit à quel point la subversion de la science par des théories comme l’Intelligent Design ou, à l’inverse, la croisade, le djihad, la vendetta de Dawkins et consorts contre la religion sont, en fait, des querelles internes au monde protestant anglo-saxon. Le monde catholique, lui, a une vieille histoire commune avec l’évolution…

En somme, une bonne nouvelle qui me rend joyeux pour partir en week end ! Je l’absente en effet ces quatre prochains jours. Retour à mon poste dès mardi matin (mais je passerais valider les commentaires, ne vous inquiétez pas).

Bon week-end à tous.

Source : New York Post.

14 commentaires à “Catholicisme et évolutionnisme”


  1. 1 T.

    Si je voulais me faire l’avocat du diable (gniark gniark), je trouverais à haute voix que cette philosophie est tout de même une réduction a minima du christianisme, que l’on pourrait retrouver dans beaucoup de religions. Même si le raisonnement n’a pas été poussé aussi loin. Non ?

  2. 2 Schizodoxe

    Non, parce que pour l’Eglise, il y a quatre sens à l’Ecriture, dont un qui est allégorique. La lettre tue, l’esprit vivifie. L’Eglise n’a pas du tout le même problème que les groupes protestants qui ont la sola Scriptura pour héritage ce qui leur impose une lecture parfaitement littérale et à regarder l’allégorie comme une invention satanique des papistes.

  3. 3 Guimove

    Mais les catholiques aussi ont pour seul heritage la bible tout comme les musulmans on le coran, alors si j’ai bien compris la difference entre les deux et une interpretation ou non des ecrit ?

  4. 4 piR

    “pourquoi quelque chose plutôt que rien ?”

    parce que si il n’y avait rien, on ne pourrait pas se poser la question

  5. 5 Schizodoxe

    Réponse oh combien classique :) Mais elle ne convainc pas vraiment.

  6. 6 Schizodoxe

    Pour Guimove.

    La Bible n’est pas du tout, pour un catholique, la même chose que le Coran pour un musulman. La Bible est un recueil de texte d’auteurs divers qui sont, pour certains, et si on est croyant, des prophètes. C’est un texte composite, contradictoire, inscrit dans l’histoire, etc. Pour un musulman croyant (je simplifie), le Coran est un texte écrit par le prophète sous la dictée de Dieu.

    Le rapport au texte est donc très différent, mais ce n’est pas tout, car, les catholiques n’ont pas “pour seul heritage la bible”, mais aussi tout un corpus de décisions ecclésiastiques, d’ouvrages écrits par des mystiques, des saints, des docteurs de l’Eglise, etc. Et ce corpus est dynamique, il s’enrichit avec le temps et, donc, il prend en compte l’évolution de la connaissance humaine.

    La spécificité de l’Eglise est donc très nette et sa capacité d’adaptation (quasiment en terme darwinien) plus qu’étonnante.

  7. 7 Guimove

    L’islam serai une religion figé dans le temps (l’epoque de sa creation)?

  8. 8 niko

    Ce qu’il y a aussi c’est que l’église et l’Etat sont dissociés dans la pluspart des cas donc peut-être que ça a obligé l’église à s’adapter. Non ? Parcque il y a beaucoup de pays à majorité muslulman dont la religion dicte les lois de l’état un peu comme en Arabie Saoudite non ? ou peut-être que je suis mal informé sur les pays à dominante musulman, je ne sais pas.
    Et existe-t-il des pays à dominante Chrétienne qui fonctionnent à peu près pareil ?
    Sinon je voulais aussi dire que tous les musulmans ne prennent pas tous le coran au pied de la lettre il me semble.
    Dernière question, qu’elle est la position de l’église coranique par rapport au darwinisme et au créationisme ? et celle des juifs ?

  9. 9 T.

    Je ne suis pas certain que les avancées scientifiques, qui mettent à mal, du moins en apparence, les convictions religieuses, aient quoi que ce soit à voir avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

  10. 10 ppcc

    J’aime chaque jour un peu plus le pape Benoit. C’est peut-être sous son influence, qu’un jour, je rentrerai dans une église non plus en amateur mais véritablement en croyant.

    Sinon je pense que c’est: Lorenzago di Cadore.

    Et l’original en italien ça doit être ça:

    D. – Don Alberto. Santo Padre, i giovani sono il nostro futuro e la nostra speranza: ma alle volte vedono nella vita non un’opportunità, ma una difficoltà; non un dono per sé e per gli altri, ma un qualcosa da consumare subito; non un progetto da costruire, ma un vagare senza meta. La mentalità di oggi impone ai giovani di essere sempre felici e perfetti, con la conseguenza che ogni piccolo fallimento ed ogni minima difficoltà non sono più visti come motivo di crescita, ma come una sconfitta. Tutto questo li porta spesso a gesti irrimediabili come il suicidio, che provocano una lacerazione nel cuore di coloro che li amano e dell’intera società. Cosa può dire a noi educatori che, spesso, ci sentiamo con le mani legate e senza risposte? Grazie

    R. – Lei mi sembra che abbia dato una precisa descrizione di una vita nella quale Dio non appare. In un primo momento sembra che non abbiamo bisogno di Dio, anzi che, senza Dio saremmo più liberi e il mondo sarebbe più ampio. Ma dopo un certo tempo, nelle nostre nuove generazioni, si vede cosa succede, quando Dio scompare. Come Nietzsche ha detto “La grande luce si è spenta, il sole si è spento”. La vita allora è una cosa occasionale, diventa una cosa e devo cercare di fare il meglio con questa cosa e usare la vita come fosse una cosa per una felicità immediata, toccabile e realizzabile. Ma il grande problema è che se Dio non c’è e non è il Creatore anche della mia vita, in realtà la vita è un semplice pezzo dell’evoluzione, nient’altro, non ha senso di per sé stessa. Ma io devo invece cercare di mettere senso in questo pezzo di essere. Vedo attualmente in Germania, ma anche negli Stati Uniti, un dibattito abbastanza accanito tra il cosiddetto creazionismo e l’evoluzionismo, presentati come fossero alternative che si escludono: chi crede nel Creatore non potrebbe pensare all’evoluzione e chi invece afferma l’evoluzione dovrebbe escludere Dio. Questa contrapposizione è un’assurdità, perché da una parte ci sono tante prove scientifiche in favore di un’evoluzione che appare come una realtà che dobbiamo vedere e che arricchisce la nostra conoscenza della vita e dell’essere come tale. Ma la dottrina dell’evoluzione non risponde a tutti i quesiti e non risponde soprattutto al grande quesito filosofico: da dove viene tutto? e come il tutto prende un cammino che arriva finalmente all’uomo? Mi sembra molto importante, questo volevo dire anche a Ratisbona nella mia lezione, che la ragione si apra di più, che veda sì questi dati, ma che veda anche che non sono sufficienti per spiegare tutta la realtà. Non è sufficiente, la nostra ragione è più ampia e può vedere anche che la ragione nostra non è in fondo qualcosa di irrazionale, un prodotto della irrazionalità, ma che la ragione precede tutto, la ragione creatrice, e che noi siamo realmente il riflesso della ragione creatrice. Siamo pensati e voluti e, quindi, c’è una idea che mi precede, un senso che mi precede e che devo scoprire, seguire e che dà finalmente significato alla mia vita. Mi sembra questo il primo punto: scoprire che realmente il mio essere è ragionevole, è pensato, ha un senso e la mia grande missione è scoprire questo senso, viverlo e dare così un nuovo elemento alla grande armonia cosmica pensata dal Creatore. Se è così, allora anche gli elementi di difficoltà diventano momenti di maturità, di processo e di progresso del mio stesso essere, che ha senso dal suo concepimento fino all’ultimo momento di vita. Possiamo conoscere questa realtà del senso precedente a tutti noi, possiamo anche riscoprire il senso della sofferenza e del dolore; certamente c’è un dolore che dobbiamo evitare e che dobbiamo allontanare dal mondo: tanti dolori inutili provocati dalle dittature, dai sistemi sbagliati, dall’odio e dalla violenza. Ma c’è anche nel dolore un senso profondo e solo se possiamo dare senso al dolore e alla sofferenza può maturare la nostra vita. Direi soprattutto che non è possibile l’amore senza il dolore, perché l’amore implica sempre una rinuncia a me, un lasciare me, un accettare l’altro nella sua alterità, implica un dono di me e, quindi, un uscire da me stesso. Tutto questo è dolore, sofferenza, ma proprio in questa sofferenza del perdermi per l’altro, per l’amato e quindi per Dio, divento grande e la mia vita trova l’amore e nell’amore il suo senso. Anche l’inscindibilità di amore e dolore, di amore e Dio sono elementi che devono entrare nella coscienza moderna per aiutarci a vivere. In questo senso direi che è importante far scoprire ai giovani Dio, far scoprire loro l’amore vero che proprio nella rinuncia diventa grande e così far scoprire loro anche la bontà interiore della sofferenza, che mi rende più libero e più grande. Naturalmente per aiutare i giovani a trovare questi elementi c’è sempre bisogno di compagnia e di commino, sia la parrocchia o l’Azione Cattolica o un Movimento, solo in compagnia con gli altri possiamo anche scoprire nelle nuove generazioni questa grande dimensione del nostro essere.

    http://212.77.1.245/news_services/bulletin/news/20612.php?index=20612&lang=fr

  11. 11 Schizodoxe

    …da dove viene tutto ?

    Je suis assez perplexe.

  12. 12 ppcc

    Ben je n’y peux rien. La source me semble fiable.

  13. 13 T.

    Et vous n’êtes pas pape. Pas encore, en tous cas.

  14. 14 ppcc

    Qu’en savez-vous ?

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