Actualités | Actualités | Science
L’eugénisme et le welfare state
Pour faire suite et écho à l’article précédent et aux positions de Randall Parker, je me permets de longuement citer Le gène égoïste de Richard Dawkins :
Les individus qui ont trop d’enfants sont pénalisés non parce que toute la population va s’éteindre, mais simplement parce qu’ils auront moins d’enfants survivants. Les gènes qui font que certains ont trop d’enfants ne sont tout simplement pas transmis de manière importante à la génération suivante, parce qu’un petit nombre de leurs enfants porteront ces gènes jusqu’à l’âge adulte. Ce qui s’est passé pour l’homme civilisé, c’est que la taille des familles n’est plus limitée par une quantité finie de ressources que les parents peuvent fournir. Si un mari et une femme ont plus d’enfants qu’ils ne peuvent en nourrir, l’Etat, c’est-à-dire le reste de la population, entre en scène et prend soin de ces enfants en surnombre en les gardant vivants et en bonne santé. Rien en fait ne peut empêcher un couple sans ressources d’avoir et d’élever autant d’enfants que la femme est physiquement capable de porter. Mais l’Etat-providence n’est pas quelque chose de très naturel. Dans la nature, les parents qui ont plus d’enfants qu’ils ne peuvent en élever n’ont pas beaucoup de petits-enfants, et leurs gènes ne sont pas transmis aux générations suivantes. Il n’est en aucune façon nécessaire de recourir à la censure altruiste en matière de contrôle des naissances, parce qu’il n’existe pas d’Etat-providence dans la nature. Un gène favorisant une faiblesse de ce type est vite puni : les enfants porteurs de ce gène meurent de faim. Puisque nous, humains, ne voulons pas revenir aux anciens modes de vie égoïstes où nous laissions les enfants des familles trop nombreuses mourir de faim, nous avons aboli la famille en tant qu’unité économiquement autosuffisante et lui avons substitué l’Etat. Mais il ne faudrait pas que le privilège garantissant l’aide aux enfants soit source d’abus.
La contraception est parfois attaquée comme étant un moyen “non naturel”. C’est exact, mais le problème est que l’Etat-providence l’est aussi. Je pense que la plupart d’entre nous croient que l’Etat-providence est quelque chose de très souhaitable. Mais vous ne pouvez pas avoir un Etat-providence contraire à la nature, à moins d’avoir un contrôle des naissances tout aussi peu naturel, sinon le résultat final en sera une misère encore plus grande que celle qui se produit dans la nature. L’Etat-providence est peut-être le système altruiste le plus important que le règne animal ait connu. Mais tout système altruiste est naturellement instable, parce qu’il est la porte ouverte aux abus d’individus égoïstes prêts à l’exploiter. Les individus humains qui ont plus d’enfants qu’ils ne peuvent en élever sont probablement trop ignorants dans la plupart des cas pour être accusés d’exploitation consciemment malveillante du système. Les institutions et les responsables politiques qui les encouragent délibérément à le faire me semblent plus sujets à caution.
Je crois que ce texte montre assez bien quelles sont les problématiques dominantes dans le monde scientifique alors que nous sommes, aujourd’hui, à une époque qui, justement, ne recherche plus de solutions hors du domaine des sciences
















21 juillet 2007 à 5:29Il y a vraiment des gènes qui dictent le nombre d’enfant d’un individu????
Citer
21 juillet 2007 à 7:42Moué, le bouquin date de 78. La génétique, depuis 78, a un peu évolué. Sans avoir lu le livre en question, je suppute que certaines affirmations doivent être sujettes à caution. Pas toutes, hein.
Citer
21 juillet 2007 à 7:59Le gène est un mot employé dans un sens assez large chez Dawkins, de toutes façons. C’est d’ailleurs lui qui invente le concept de gène non matériel dans ce livre.
Citer
21 juillet 2007 à 14:01Y’a un courant scientifique qui dit que depuis qu’on s’est organisé en société la sélection naturelle a quasiment disparue remplacée par une sélection « sociale » qui est quand même un peu différente.
Ce qui me gène aussi c’est qu’on fait une différence entre les riches et les pauvres. Si la famille a beaucoup de ressources, c’est qu’elle peut élevé pleins d’enfants donc c’est pas grave. Si elle n’a pas de ressource, c’est l’état qui l’aide et ça c’est pas bon.
Ca veut donc dire que les riches ont des bons gènes et les pauvres des mauvais ???
Citer
23 juillet 2007 à 14:53Depuis 1978, les choses ont, en effet, évolué de beaucoup, mais plutôt dans le sens d’une plus grande acceptation de ces idées…
En fait, et Dawkins le précise bien des fois, il est parfois nécessaire d’écrire d’une façon imagée pour être entendu. Bien sûr, Dawkins sait bien que les gènes ne sont pas « égoïstes », qu’ils ne pensent pas, n’ont pas de sentiments, etc. De même les gènes, les configurations de gènes en fait, ne décident de tel ou tel comportements que par des biais extrêmement complexes qu’il faut bien résumer sous peine de s’égarer.
Cela étant, je pense comme beaucoup (c’est même plus ou moins l’opinion dominante, y compris chez ceux qui disent ne pas y adhérer) que Dawkins a raison quand il fixe le niveau réel de la sélection naturelle à l’échelle du gène et que les autres niveaux de sélection n’en sont que les ombres.
Là, ce serait faire du bien mauvais darwinisme. Ce n’est pas que les « riches » ont de meilleurs gènes, c’est que, statistiquement (il faut insister sur ce mot), ceux qui ont les « meilleurs gènes » ont, dans un cadre donné et toutes choses égales par ailleurs, tendance à mieux réussir, ce qui peut impliquer une meilleure réussite financière. Cela s’accentue, bien sûr, du fait de l’héritabilité des biens acquis.
Citer
23 juillet 2007 à 18:09« Là, ce serait faire du bien mauvais darwinisme. Ce n’est pas que les “riches” ont de meilleurs gènes, c’est que, statistiquement (il faut insister sur ce mot), ceux qui ont les “meilleurs gènes” ont, dans un cadre donné et toutes choses égales par ailleurs, tendance à mieu réussit, ce qui peut impliquer une meilleure réussite financière. Cela s’accentue, bien sûr, du fait de l’héritabilité des biens acquis. »
Justement sur ce point je pense que c’est discutable.
Tout d’abord prenons disons que « ceux qui ont les “meilleurs gènes” ont, dans un cadre donné et toutes choses égales par ailleurs, tendance à mieu réussit, ce qui peut impliquer une meilleure réussite financière »
Dans la réalité et comme vous le dite, les enfants de personnes riches sont riches parcque elle héritent d’abord de la richesse de ces individus avant d’hériter de leurs gènes.
Et statisquement à potentiel génétique équivalent, les personnes issus de familles pauvres n’ont pratiquement aucune chance de devenir riche un jour.
Cependant je ne suis pas d’accord quand vous dites « ceux qui ont les “meilleurs gènes” ont, dans un cadre donné et toutes choses égales par ailleurs, tendance à mieu réussit, ce qui peut impliquer une meilleure réussite financière ».
En effet dans toutes les espèces ayant une construction social, loup, singes etc…, on peut considérer que le mal dominant a les meilleurs gènes et que cela lui permet de se reproduire avec plus de femelles et donc de transmettre ces gènes.
Mais je pense qu’aucune comparaison n’est possible avec notre société, puisque les dominants sont ceux qui statistiquement ont le moins d’enfant. mais si on regarde dans d’autres pays qui n’ont eux même pas d’aides sociales, la statistique est la même.
Donc je dirait que les gènes qu’ont les « personnes dominantes » ont un ensemble de gènes qui a une deffaillance à un niveau qui fait que l’individu va privilégier sa position dominante au dépit de la transmissions de ces gènes.
De plus si on regardait le problème différement on pourrait dire que au vue de l’environnement économique et sociale et de la transimission des gènes chez les populations défavorisées, ceux sont eux qui du point de vue de cet écosystème ont les meilleurs gènes car ceux sont ces gènes qui se transmettent le plus.
Sinon une dernière chose. Ce qui différencie justement l’éspèce humaine des autres espèces animales, c’est de minimiser l’influence de la nature sur son éspèce. Ca a commencé par le froid, le chaud, puis de son écosystème alimentaire, puis du jour, de la nuit, et enfin de la la selection naturelle. Alors peut-on remettre le système sociale en question juste par rapport à une interaction avec la selection naturelle ?
Si oui, cela voudrait aussi vouloir dire empêcher tout aide au niveau de la natalité comme les allocations familiales mais aussi l’aide aux personnes handicapés pourquoi pas. Je pense que ça voudrait aussi dire la négaciation de ce qui fait de nous êtres humains.
Cela voudrait aussi dire d’empêcher tout système d’héritage économique d’une génération à l’autre afin d’éviter toute interférence avec l’héritage génétique.
Citer
30 août 2008 à 10:20
30 août 2008 à 10:30
1 septembre 2008 à 18:05Ce qu’on en conclue, encore c’est que les socialistes sont vraiment des nationals- zocialistes en puissance….
Citer
1 septembre 2008 à 18:12Hum… oui, si vous voulez, mais en allant vite et à la condition de ne surtout pas oublier qu’il y a une différence fondamentale entre le en puissance et le en acte.
Citer
3 décembre 2008 à 11:27