Vers une vache verte ?

Dazaifu Tenmangu
Une récente étude menée par Akifumi Ogino de l’Institut National des Sciences du Bétail et des Pâturages démontre que la production d’un kilogramme de bÅ“uf, dans des conditions de production analogues à celles que l’on rencontre au Japon, provoque l’émission d’autant de gaz à effet de serre que ne le ferait une voiture moyenne qui roulerait sur une distance de 250 kilomètres.

Their analysis showed that producing a kilogram of beef leads to the emission of greenhouse gases with a warming potential equivalent to 36.4 kilograms of carbon dioxide. It also releases fertilising compounds equivalent to 340 grams of sulphur dioxide and 59 grams of phosphate, and consumes 169 megajoules of energy (Animal Science Journal, DOI: 10.1111/j.1740-0929.2007.00457.x). In other words, a kilogram of beef is responsible for the equivalent of the amount of CO2 emitted by the average European car every 250 kilometres, and burns enough energy to light a 100-watt bulb for nearly 20 days.

Ce calcul prend donc en compte tous les aspects de cette production, y compris le transport. C’est là qu’il y a d’ailleurs une remarque à faire, puisque ces transports se font souvent par camions et sur de longues distances. Cette comparaison avec la voiture perd donc un peu de sa pertinence.

Il faut noter, aussi, que la production intensive qui se pratique au Japon entraîne des coûts très différents de ce que l’on peut avoir ailleurs. Ainsi, deux tiers de l’énergie nécessaire à la production de ce kilo de viande sont destinés à la production et au transport de la nourriture nécessaire. Or, cette dépense est, bien évidemment, beaucoup plus faible quand il s’agit d’élevage en plein air. Une étude suédoise affirme, d’ailleurs, qu’en s’éloignant du modèle intensif il est possible d’émettre 40 % de gaz à effet de serre en moins et de diviser presque par sept les besoins énergétiques pour une production équivalente en quantité (et sans doute supérieure en qualité)…

Le retour vers ce mode de production plus “naturel” n’étant guère compatible avec l’étalement des populations (lequel, au passage, augmente les coûts de transports), il ne faut toutefois pas espérer que l’on se dirige dans cette direction. Cette étude a néanmoins un mérite : celui de rappeler que le prix très bas de la nourriture a un coût indirect que l’on ne voit pas au premier abord, mais qui est bien réel. Le premier ne pèse que sur les consommateurs, le second sur tous.

Source : New Scientist.


Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Articles liés

Schizodoxe est la porte. Schizodoxe est la clé et le gardien de la porte. Le passé, le présent, le futur, tous sont un en Schizodoxe…
Écrire à cet auteur | Tous les billets de Schizodoxe

4 commentaires pour “ Vers une vache verte ? ”

  1. quelques questions:
    “Une étude suédoise affirme, d’ailleurs, qu’en s’éloignant du modèle intensif il est possible d’émettre 40 % de gaz à effet de serre en moins et de diviser presque par sept les besoins énergétiques pour une production équivalente en quantité (et sans doute supérieure en qualité)…”

    c’est tout de meme tres bizarre, supposement, l’interet de la production intensive est justement de produire plus en gardant la contrainte principale (la disponibilité limité de terrain utilisable pour l’elevage) et en augmentant le capital, afin de degager un profit plus important.

    On retombe sur le paradoxe de la poule est de l’oeuf si les Suedois affirme que tous les efforts en matiere de production intensive ont été vain/mal dirigé.

    a moins que leur modèle ne se base sur une analyse statique et hautement theorique de la production du style :
    “il est possible, si on vide completement les campagnes et qu’on ne produise rien d’autres que du boeuf, de produire autant qu’a present”…
    c’est un peu le meme probleme que ces etudes sur l’impossibilité d’utiliser des carburants bio, on regarde les couts directs sans reflechir au progres technologique et aux economies d’echelles.

  2. Il ne s’agit pas de dire que la production intensive “ne marche pas”, mais juste de dire qu’elle consomme plus d’énergie et qu’elle génère plus de gaz à effet de serre. L’économie n’a rien à voir là-dedans puisqu’il ne s’agit pas de prendre position sur le coût économique direct (on se borne au “coût” écologique).

    Cela dit, sur le point de l’économie, on peut faire une remarque simple c’est que les exploitations d’une taille donnée faisaient vivre, de par le passé, sans aides de l’Etat, des familles élargies alors qu’aujourd’hui, il faut des tailles parfois dix ou cent fois supérieures pour à peine faire subsister un demi-ménage (les 50% manquant venant d’aides diverses et plus ou moins directes de l’Etat).

    En fait, l’exploitation intensive et concentrée doit son existence, en grande partie, à la volonté des Etats de fournir une nourriture abondante et peu coûteuse à leur population. Sans les politiques de soutien actif à l’industrialisation massive de l’agro-alimentaire, les choses seraient très différentes aujourd’hui.

    De même, l’exemple du carburant que vous évoqué est intéressant. Vous en parlez comme si son usage découlait des choix individuels et son prix, du libre jeu du marché. Mais rien n’est plus faux. Sans le volontarisme étatique (les autoroutes de Mussolini, la “voiture du peuple” d’Hitler, pour prendre les cas les plus caricaturaux — mais on pourrait évoquer le Front Populaire et le lien congé payé / motorisation des vacances) et sans les besoins militaires (fin des armées hippomobiles lors de la WW2), il est à peu près certain que la voiture serait devenue quelque chose de formidablement utile, mais pas la chose absolument nécessaire (tant et si bien que le permis de conduire est en passe de devenir un droit de l’homme) qu’elle est aujourd’hui. Et le prix de l’essence serait soumis à des contraintes très différentes.

    C’est une grave erreur d’analyser en terme libéral des choses qui ne le sont pas du tout ni dans leur genèse, ni dans leur contexte, ni dans les agissements de leurs acteurs.

    En somme, et pour en revenir au déclencheur de votre commentaire, tout ce que cette étude suédoise semble dire, c’est qu’il n’y a pas besoin de déplacer des tonnes de céréales pour nourrir une vache qui est dans un prés où elle a de l’herbe à manger. Je ne pense pas qu’il faille y voir autre chose que cette simple constatation.

  3. il y a malentendu.

    je ne faisais que remarquer que vous dites :”en s’éloignant du modèle intensif il est possible d’émettre 40 % de gaz à effet de serre en moins et de diviser presque par sept les besoins énergétiques *pour une production équivalente* en quantité (et sans doute supérieure en qualité)…” (chose qui n’est pas mentionné dans l’article source) ce qui me parait fort surprenant, le but de l’intensification de l’agriculture etant justement d’obtenir une production considerablement plus importante qu’en faisant usage d’une methode plus traditionelle. D’ou mon scepticisme, et mon interrogation vis a vis du modele employé dans l’etude pour parvenir a une telle conclusion.

    et aussi de faire un parallèle avec la methodologie suspecte employé par certain organisme (Friends of The Earth, Greenpeace) dans leurs etudes contre l’usage des bio-carburants. ces etudes ayant surtout l’ojectif de creer un impact mediatique, voir:
    http://www.greenpeace.org.uk/blog/climate/biofuels-green-dream-or-climate-change-nightmare-20070509

    Mon analyse n’avait rien de liberale, et loin de moi de nier que l’etat a un role a jouer dans le developpement et la dissemination de cette technologie. Simplement de faire remarquer que l’adoption d’une technologie sera progressive, et le modele employé pour etudier ce phenomène doit etre dynamique.

    Voila tout. :D

  4. Ach ! Quel âne je suis ! Tout s’éclaire !

    La phrase en question — ”pour une production équivalente” â€” est en effet particulièrement maladroite (c’est peu dire). Je voulais dire justement que cette baisse n’était pas une évaluation globale (mais une évaluation du type “pour un kilo”). J’ai donc stupidement provoqué le malentendu que je voulais éviter :(

    Bon, la prochaine fois, je copie / colle l’article original et c’est tout, ça m’évitera d’induire le lecteur en erreur :D

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <blockquote cite=""> <code> <em> <strong>