Cannabis et politique au Nouveau Mexique

Le cannabis est arrivé en Europe dans les bagages des soldats de Bonaparte revenant d’Egype. Jusqu’en 1937, il était en vente libre aux Etats-Unis où il était, d’ailleurs, très fortement taxé. Comme de nombreuses substances actives, les usages qui en étaient faits étaient extrêmement variés et divers. Aujourd’hui le débat autour de sa consommation se borne, essentiellement, d’un côté comme de l’autre, à son usage récréatif. Pourtant, son rôle chimique peut faire de lui tout autre chose.
Son principe actif, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), a été isolé pour la première fois en 1964 par Raphaël Mechoulam, de l’Université Hébraïque de Jérusalem. La grande question que l’on se posait alors était de savoir pourquoi le cerveau disposait de récepteurs sensibles à une molécule végétale (la question se posait de la même façon pour la morphine issue du pavot). La raison est toute simple, c’est parce que le cerveau, lui-même, fabrique des molécules qui en sont très proches : les endocannabinoïdes, dont le rôle est d’inhiber la douleur et son souvenir (d’où l’association entre la consommation de cannabis et le stress ou les situations d’échec). De ce fait, on comprend tout le danger (la douleur est, généralement, un signal d’alerte qui permet d’échapper ou d’éviter de graves dommages pouvant aller jusqu’à la mort) et l’intérêt (calmer les douleurs chroniques qui n’ont aucun rôle d’alerte) de l’usage de cette plante.
C’est cela qui a motivé la récente décision du gouverneur du Nouveau-Mexique d’autoriser son usage thérapeutique.
Gov. Bill Richardson, a Democratic presidential candidate, signed the “pot bill” into law this year and tasked the state’s Department of Health with establishing a way to grow and distribute the crop to patients by Oct. 1.
Si cela semble répondre à une exigence médicale, cela ne va pas sans poser de graves problèmes juridiques et politiques, car cette autorisation au niveau de l’état est en désaccord avec les lois fédérales&sbnbsp;:
The state can’t guarantee that marijuana users and distributors won’t be prosecuted under federal law, he said. That’s a situation that has become all too common in California, where the U.S. Drug Enforcement Agency has raided dozens of medical marijuana “pot clubs,” claiming they are simply distributing weed to anyone who drops in.
“It comes down to politics and the degree to which the federal government wants to employ law enforcement resources to try to stop a state from providing medicine to sick people,” said Daniel Abrahamson, director of legal affairs for the Drug Policy Alliance, a group that lobbies for relaxation of drug laws.
Sans dramatiser, il faut rappeler que la Guerre entre les Etats (que l’on appelle plus souvent guerre de Sécession en France) a eu précisément pour cause cette articulation entre le droit des états fédérés et celui de l’Etat fédéral.
Le problème est d’autant plus prégnant que le gouvernement fédéral a fait de la Guerre contre la drogue un axe de sa politique, notamment en Amérique centrale et au Mexique.
L’opposition politique entre ce gouverneur démocrate, candidat à l’investiture de son parti pour les élections de 2008, et le gouvernement républicain pose un autre problème en ce qu’elle transcende le bipartisme comme l’illustre l’hilarante vidéo dont nous faisons notre conclusion provisoire :
(Cette vidéo date de 1988, lors d’une rencontre entre Ron Paul et des étudiants sur le thème de la Guerre à la drogue. Voici le résumé donné sur digg :
During a discussion on the “war on drugs” a student suggests that we use the military to stop the drug trade, and Ron Paul retorts by saying if we need to enforce good habits that he should be put on a diet.
Les positions de Ron Paul sur ce sujet : The Ron Paul Library.)
Source : ABC News.
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8 juillet 2007 Ã 21:07Il me semble que c’est beaucoup plus complexe.
Le débat devrait porter, effectivement, sur l’usage récréatif, qui devrait convoquer le politique et l’éducatif.
Il y a un moment où on quitte l’usage simple pour entrer dans l’abus, la dépendance, et donc dans la pathologie, surtout quand on a 15 ans.
Le “débat” est-il alimenté par les données scientifiques? Cf. études Andreasson, Zammit, Van Os, Arseneault, Henquet……
Les recherches ciblent plus la toxicité du THC : liens complexes avec la schizophrénie, troubles anxieux, pb de reproduction, cancers…
THC comme antalgique et antiémétique? A ma connaissance, il n’y a pas de validation des études…
10 juillet 2007 à 22:12En l’occurrence, il s’agit de gens en fin de vie qui n’auront très certainement jamais le loisir de devenir schizophrène ou dépendants ; je ne vois pas vraiment de problèmes de ce point de vue ci.