Les animaux et l’intelligence collective

On remarque parfois que des gens très sympathiques, quand ils sont considérés individuellement, peuvent se comporter d’une façon parfaitement haïssable une fois qu’ils sont pris dans un groupe. On sait aussi qu’une foule est une chose particulièrement capricieuse, versatile et dangereuse. A l’inverse, quoi de plus bête qu’une fourmi solitaire qui semble aller au hasard sans but, tandis que, considérées dans leur ensemble, ces insectes font des choses plus qu’étonnantes, comme de se construire un habitat complexe, d’élever des pucerons, de cultiver des champignons, etc.
“Ants aren’t smart,” Gordon says. “Ant colonies are.” A colony can solve problems unthinkable for individual ants, such as finding the shortest path to the best food source, allocating workers to different tasks, or defending a territory from neighbors. As individuals, ants might be tiny dummies, but as colonies they respond quickly and effectively to their environment. They do it with something called swarm intelligence.
Si donc une foule d’êtres humains est un tout inférieur à la somme de ses parties (voire à une seule de ses parties), la masse des fourmis d’une colonie dispose, elle, d’une intelligence très nettement supérieure à celle que semblent pouvoir cumuler ses éléments. Cela semble paradoxal, car, autant la perte d’intelligence est explicable aisément (par absence de réflexion, par oblitération des sens, etc.), autant il est difficile de voir d’où peut bien venir un surcroît d’intelligence ! Pourtant, le principe en est simple :
That’s how swarm intelligence works: simple creatures following simple rules, each one acting on local information. No ant sees the big picture. No ant tells any other ant what to do. Some ant species may go about this with more sophistication than others. (Temnothorax albipennis, for example, can rate the quality of a potential nest site using multiple criteria.) But the bottom line, says Iain Couzin, a biologist at Oxford and Princeton Universities, is that no leadership is required. “Even complex behavior may be coordinated by relatively simple interactions,” he says.
L’intelligence collective est donc une réalité statistique, elle apparaît quand on regarde l’objet à partir d’une certaine hauteur où les incohérences, les accidents ou les maladresses particulières s’effacent sous la logique de l’ensemble. Il faut juger de l’intelligence collective comme on le ferait d’un tableau, c’est-à -dire en se tenant suffisamment éloigné pour voir l’ensemble et non juger des détails d’exécution.
Cette intelligence collective présente l’avantage considérable d’être particulièrement aisée à mettre en Å“uvre. Il ne s’agit plus de faire un ordinateur qui tende individuellement, à l’intelligence et qui soit capable de prendre des décisions à partir de l’ensemble des données, comme le ferait un esprit humain, mais d’élaborer un assez grand nombre de machines simples (pour ne pas dire simplistes) qui, agissant à courte vue, les unes par rapport aux autres en ne prenant en compte qu’un infime détail du problème, donnent l’illusion, toutes ensemble d’une intentionnalité et d’une volonté unique.
Working with the Bios Group (now NuTech Solutions), a firm that specialized in artificial intelligence, Air Liquide developed a computer model based on algorithms inspired by the foraging behavior of Argentine ants (Linepithema humile), a species that deposits chemical substances called pheromones.
En s’appuyant sur ces intelligences collectives, on peut donc produire, à peu de frais et sans technologies révolutionnaires, des formes d’intelligence artificielle efficaces. Cependant, les insectes sociaux ne sont pas les seuls modèles. Les oiseaux ont aussi été une source d’inspiration. Ainsi…
…Marco Dorigo’s group in Brussels is leading a European effort to create a “swarmanoid,” a group of cooperating robots with complementary abilities: “foot-bots” to transport things on the ground, “hand-bots” to climb walls and manipulate objects, and “eye-bots” to fly around, providing information to the other units.
En lisant cela, on a presque l’impression de voir naître une nouvelle espèce ! L’apport de l’intelligence collective a déjà été considérable, mais il est en passe de devenir bien plus important demain au travers des nanomachines…
Cette notion d’intelligence collective, toutefois, doit pouvoir, tout autant, s’appliquer à l’homme. Certes, ce que nous avons dit plus haut sur les foules est vrai, mais la communauté que crée Internet, par exemple, entre des centaines de millions d’individus, n’est pas une foule. Sa masse est celle des esprits, pas des corps. Et si l’entassement des corps enferme les esprits, la possibilité (car nulle contrainte) de contacts entre les esprits les libère.
Alors, si l’esprit humain avec toutes ses créations n’est qu’une fourmi, que pourra-t-on espérer de cette immense colonie qu’est devenue Internet ?
Source : National Geographic Magazine.
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4 juillet 2007 à 16:14Je te conseillerai les livres suivants si pas déja lu :
Howard Bloom : Le syndromes de lucifer
Howard Bloom : le Syndrome de lucifer tome 2 le cerveau Global
Joel de Rosnay : La récolte du pronétariat
Thierry Crouzet : Le peuple des connecteurs
4 juillet 2007 à 16:31.. Ou alors si vous lisez fluide glacial, pourquoi pas Forbiden Zone avec en guest star Poupoule 3000, l’arme de destruction massive ultra intelligente dont le cerveau n’est en fait qu’un amalgame de cerveaux de poules, tous connectés entre eux. La relative simplicité d’un cerveau de poule en fait pourtant ici toute son efficacité
5 juillet 2007 à 13:56Je note ces références. Les livres de Howard Bloom semblent, en effet, très intéressant.
Fluide Glacial existe encore ? Au fait, Poupoule 3000, c’est bien trouvé, mais, à cause du pecking order, ça ne doit pas être un ordinateur massivement parallèle