Un lac disparaît sans laisser de traces

Des tas de choses peuvent disparaître. On peut chercher ses lunettes 10 minutes, le matin, perdre ses clefs, ne plus savoir où on est garé ou chercher un foutu fichier qu’on vient juste de télécharger (enfin, si on a un PC, bien sûr, le mac n’a pas ce problème — le mac n’a aucun problème, mais je m’égare moi aussi). En revanche, perdre un lac, c’est déjà moins courant. Déjà, parce que les propriétaires de lacs sont peu nombreux et qu’ils font attention à leurs lacs, ensuite, parce qu’un lac, enfin, quoi ! ça ne disparaît pas. Pas comme ça. Enfin, ça ne devrait pas…
Pourtant, c’est ce qui vient d’arriver au Chili. Voici le témoignage de Juan Romero, directeur régional de la Corporación Nacional Forestal, qui transitait par-là :
“In March we patrolled the area and everything was normal. … We went again in May and to our surprise, we found the lake had completely disappeared. […] The only things left were chunks of ice on the dry lake-bed and an enormous fissure.”
Je te propose, ami lecteur, de simuler, chez toi, cet intéressant événement, de la façon la plus fine qui soit, afin que tu en comprennes tous les tenants et aboutissants. Pour ce faire, il te faut te rendre dans ta salle de bain, te placer face au lavabo, puis y faire couler de l’eau (non sans avoir obstrué la bonde au préalable) froide ou chaude, peu importe (tu peux exercer là tout ton libre arbitre), jusqu’à un niveau approchant celui du trop-plein, mais pas au-delà, ce n’est pas nécessaire. Puis, il te suffit, alors, de dégager la bonde et de regarder les yeux écarquillés d’étonnement à la vue de ce spectacle terrifiant, l’eau disparaître !
J’espère que, maintenant, nul mystère ne subsiste, il s’agit juste d’un trou dans le sol,
“…the vastness, profundity, and unsearchableness of His works, which have a depth in them greater than the well of Democritus.”
Pour évoquer un autre Juan Romero.
Bien sûr, certains esprits malintentionnés et pervers ne manqueront pas d’attribuer cette disparition, comme ils l’ont fait de tant d’autres au Chili, à Augusto Pinochet, mais je crois que nous avons prouvé qu’il n’y était clairement pour rien.
Source : OttawaCitizen.com.
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